Le tuffeau

Les photos avant-après

La Restauration de la Maison...

Quand on aime, on ne compte pas....

...Son temps, surtout...!

... Car les obligations financières, elles,  obligent toujours...  à  gérer les priorités et classer les urgences de réparation.

Le côté le plus passionnant de la restauration, se situant plus particulièrement dans la recherche d'informations pour restaurer au mieux, le plaisir vient surtout de l'enquête, ou plutot des enquêtes d'investigations où recoupements, indices, scenarios, permettent d'entrevoir et d'imaginer la riche vie de cette Maison, à travers ces siècles.
Nous découvrons régulièrement de nouveaux détails.  Et il restera probablement encore beaucoup d'enigmes, de mystères, à notre départ...

C'est aussi là, qu'est un des charmes de ces vieilles maisons.

Le poids de l'oubli de l'Histoire.

Pensez-vous..?....500 ans...! 

Cela represente de nombreux "remaniements", avec des constructions nouvelles,  et de multiples amenagements, au gré des besoins des familles qui se sont succedées ici. 

N'oublions pas qu'à  raison d'environ 6 générations ou familles en moyenne par siècle, ce ne sont pas moins de 30 sensibilités differentes qui ont vécues dans la maison.

Chacune  avec ses histoires,  ses aspirations, avec les bonheurs; obligations et angoisses de chaque époque.

La maison a donc dù bénéficier de moments d'enthousiasme, de saciété et de faste, avec ses restaurations et améliorations de confort,  tout comme elle a dù souffrir de pénuries financières et de sacrifices, de désaffection, voire d'abandon de plusieurs années pour les successions difficiles, dans certains cas .

Peu d'écrits sur la Maison et ses transformations. Là encore, un trésor reste peut-être à découvrir dans quelques archives ignorées de famille..?.., quelquepart ...?

(Nouvel appel: si parmi les  Noms de famille cités dans la partie histoire de la Maison, vous y reconnaissez le vôtre, et que vous avez des vieux documents sur cette Maison, n'hésitez pas à nous contacter)

L'esprit de conservation avant tout

Depuis le XVe ,  la forme originale de la "Maison de l'Argentier du Roy"  (le corps principal du " Logis " ) n'a pas beaucoup changé, même si des traces encore visibles nous donnent quelques indications sur les modifications faites au fil du temps : fenêtres bougées grâce aux clefs de pierre restantes dans les chaines de pierres, restes de  moulures sculptées recouvertes par de nouveaux murs adjacents et certains trous bouchés en façades laissant penser a de possibles balcons de pierres qui ont dû être suprimés, fondations de murs, naissances de souches de cheminée, etc... 

Et peut-être une petite tourelle et un pignon supplementaires, qui aurait pu exister jusqu'au début XIXe au moins, sur le côté rue St Ours. Une tour de guet carrée, dont on peut encore aujourd'hui deviner l'espace de 0,8m² à chaque niveau de la Maison , de la cave au grenier, soit 4 niveaux.
Détails du Tableau de Millin du Perreux , .(début 19e)actuellement au Musée des Beaux Arts de Tours, ou y figure la Maison en bonne place


Remettre les compteurs au plus près du zéro

Notre principal but , durant ces 6 dernières années de travaux, aura été d'essayer d'effacer les dégats, et de redonner l'aspect visuel propre qu'aurait eu la Maison, il y a 200 ans, sans les misères du XXe siecle: dont les plus grand fléaux auront été  principalement  : le petrole, le ciment, et les clous industriels..!

Bien entendu, nous sommes au XXIe siècle et les conditions de vie sont differentes, d'il y a 200 ans.

Les mots, isolation, "eco"logique, dévelopement durable, internet, wifi, communication haut débit planétaire, économies, sont désormais notre quotidien , et nous nous sommes appliqué à les intégrer du mieux possible dans la vie actuelle de la Maison, sans changer son "look" authentique fabuleux.

La performance, tout en respectant autant que possible la planète, aussi..!

- Un souci constant d'isolation de haute qualité, qui nous permet aujourd'hui, un meilleur confort et une économie très sensible de la facture de chauffage .

- une chaudière gaz, à condensation, à très haut rendement -108%- (et très basses emissions de CO² ),  y contribue grandement aussi depuis peu.

- La réparation des collectes de gouttières, (qui à notre arrivée, mouillaient les bas de murs au point d'avoir des mousses dans les caves) , conjointe à la mise en place d'une récuperation des eaux de pluies de 70% des toitures,  sur 6000L de stockage , nous offre à présent, suffisament de réserve pour arroser les jardins et potagers durant toute la saison d'été, sans utiliser ..une goutte d'eau du réseau public (chloré..!).

- Une centaine d'ampoules "basse consommation" ont définitivement éliminé, de toute la propriété,  les dévoreuses "incandescences",
- des détections de présences à tous les endroit de passage pour parfaire la gestion automatique des extinctions de lumières inutiles.
accouplé à un tarif EDF Tempo à 6 tarifs , permettent des économies  non négligeables.

En Résumé, La Maison , à notre départ, devra être plus belle , qu'elle l'était à notre arrivée, mais aussi plus économiue et  facile à gérer.

Réparer les dégats les plus Importants.

  • Les clous d'abord:
    - Lors des restaurations de toutes les façades ( nous totalisons désormais, près de 1000m² de façades nettoyées... à la main, et il n'en reste plus que quelques dizaines de mètres²  à finir...), nous en avons eu quelques centaines à extraire (pour ne pas dire ...milliers), des clous rouillés, plantés sauvagement au gré des besoins d'arrimage de plantes grimpantes, au cours des dernieres centaines d'années , et laissés là après chaque saison, abimant la pierre. 
     
    (Souvent ces treillages de plantes grimpantes servaient déjà, à masquer des bas de murs en mauvais état : humidité causée par des pluviales non canalisées, réparations de fortune, salissures et coups divers...L'autre conséquence des treillages sur les murs, est celui des taches. En traitant les plantes avec des produits style "bouillie bordelaise", le beau mur blanc de tuffeau en a pris autant que la plante, et devenu ...vert avec le temps. )

    Il est si facile d'abimer cette jolie pierre tendre avec des clous : En plantant un clou, d'abord; il arrive que la pierre éclate de suite, à cause d'une petite faiblesse locale de la pierre, mais parfois aussi, en s'y reprennant à plusieurs fois pour trouver "l'endroit idéal", cela  fait une multitude d'impacts à la surface de la pierre.
    Enfin, en rouillant, les dégats sont effroyables : à la formation de la gangue de rouille autour du clou, la pierre éclate, avec un  mini-cratère qui atteint parfois ...jusqu'à 5cm...!
    Idem , en essayant de les enlever, ou parfois on ne peut éviter d'emmener une partie de la pierre autour du clou, collé avec la rouille.
    A la réparation, tous ceux qui sont cassés dans la pierre, doivent être enlevés, et  jusqu'au coeur de la pierre, pour ne pas laisser la rouille tacher la pierre  .
    Dans cette remontée du temps,  les plus anciens clous, qui étaient forgés visiblement "à la main", n'étaient pas ceux qui ont fait le plus de dégats; les "pointes "industrielles modernes" de mauvaise qualité, elles, se sont quasiment dissoutes en rouille dans la pierre .
    En tout , ce sont des milliers d'heures de travail minutieux, à réparer ces impacts, un par un avec des produits spécifiques à la restauration de la pierre naturelle, de grande qualité ( et souvent très cher ) , et qui nous ont tout de même permis de rattraper ce rendu originel superbe...

    Aujourd'hui, Il n'y a plus un seul clou sur les façades restaurées, et leur avenir immédiat est sauf.
    - Les attaches de rosiers grimpants, chevrefeuilles et autres plantes suspendues sont tous en inox (qualité marine), les chevilles, fils et attaches sont en nylon ou corde naturelle. Et aucun produit n'est vaporisé sur les plantes.

  • Le petrole ensuite :  pour les coulées disgracieuses sur les facades sous les sorties de conduit de fumées:
    - Plutot que de remplir les cheminées de bois( dont 80% de la chaleur part dans le conduit), l'arrivée du pétrole comme moyen pratique de chauffage au debut du XXe a dù pousser les résidents, à percer, à outrance,  les facades, pour chauffer efficacement avec des poëles.
    De ce fait , les pierres sous ces conduits etaient toutes tachées si profondement , et si affaiblies, qu'il a été nécéssaire d'en changer certaines. C'est un travail long, dificile, et tres couteux .
    Plus aucune coulée sur les façades de la Maison, désormais, le blanc Tuffeau a repris ses splendeurs.

  • Enfin, le ciment...: le plus grand fléau pour le Tuffeau...! Une catastrophe geologique, pour notre jolie pierre..!
    - Certes, le ciment dit portland, a été une invention formidable pour construire, dès le début du XXe, l'architecture moderne, avec des capacités de contraintes exceptionnelles permettant des formes incroyables (l'arche de la defense est mon exemple préféré d'admiration), avec l'avantage d'un séchage rapide, et un cout relativement bas.
    - Mais son association avec  la pierre calcaire la plus tendre d'entre toutes, fin 19e, aura été une facheuse erreur aux consequences graves pour la perenité du tuffeau.

    En cent ans, les effets ont été terribles : en bloquant l'humidité, le ciment a empêché le tuffeau d'établir son hygrométrie naturelle en maintenant constament la pierre dans une hyper-humidité, qui accélère son pourrissement.
    Non gélive, mais sensible aux mousses, et autre toxiques acides, elle perd peu à peu sa résistance en s'effeuillant par petites plaques de compression (cf histoire du tuffeau).
    Conséquence : Il faut changer la pierre qui a touché le ciment, tant le coeur en a été atteint au point de la rendre aussi résistant qu'une boite en ...carton..! 
    Nombre d'effondrement subits le sont a cause de pierres de sous bassement  complètement "pourries"  qui finissent par lacher.

    De là , sont souvent parties d'infondées "rumeurs" que le tuffeau est une pierre fragile, mais c'est en partie faux. .. Et vérifiable auprès des édifices qui n'ont pas cédé aux sirènes du travail facile au ciment portland.
     
    On peut même dire que le tuffeau peut,  avoir une longévité exceptionnelle,  si les "règles de l'art " sont respectées  ( facades protégées par des corniches suffisantes, pierres de sous bassements de calcaire plus dures, et souvent "bouchardée" (mise en relief fin avec un marteau special : la boucharde) pour favoriser l'évaporation d'humidité).
    Pour les exemples, il suffit d'aller voir les sculptures extèrieures, de la porte de la chapelle du château d'Ussé, qui pourtant datent du XVe....qui sont dans un état superbes....... et le propriétaire du Château de Cheverny qui m'a assuré que ses facades n'avaient jamais eu de ravallement , ni de restauration depuis leur mises en place en 1632..! .. Quelles merveilles, encore plus de 300 ans après...!

    Comment seront les murs de ciment dans...2OO ans...?... on peut deja juger de ceux qui n'ont que 50 ans..., non...?

    Il n'y avait pas d'alternative , pour la Maison de l'Argentier du Roy, nous avons décidé qu'il fallait imperativement eliminer toutes les réparations, constructions, enduits, qui auraient été fait au ciment dit Portland, et de changer au plus vite toutes les pierres "malades" avant qu'elles ne cèdent avec des dégats graves.
    De réparer correctement.... à la chaux, ce matériau ancestrale qui n'a plus de preuve à donner pour sa perenité dans le temps...

    Certes, son séchage définitif prend 28 jours et allonge les chantiers, mais il  empêche aussi d'aller "trop vite".
    Et c''est celui  dont les egyptiens ont fait la preuve qu'il étaient le plus aproprié pour les pierres calcaires des pyramydes...!  (1)

    La chaux a la propriété d'un polymère moderne, en se re-mineralisant avec le temps, au point de devenir plus dur que la pierre naturelle , elle même....
    Elle respecte l'hygrométrie naturelle de la pierre,  elle même laissant passer son humidité nécéssaire, pour ne pas fissurer. Elle est dite "souple".

... Tout cela est couteux et le Gite et les chambres d'hôtes ou nous vous acceuillerons avec plaisir,  nous permettent de continuer à restaurer cette Maison qui le vaut bien.... Nous vous en remercierons, en vous nommant "les Amis de la Maison de l'Argentier du Roy". 

Dans un florilège de photos Avant-après , que nous vous encourageons à consulter, et toujours amusantes à voir, vous aurez une illustration du travail déjà accompli.....


(1) On s'autorise même à penser que les Egyptiens, grâce au génie d'Imoteph, architecte des pyramides (mais chimiste aussi), l'aurait utilisé pour ses propriétés exceptionnelles, pour sceller les blocs d'obelisques taillés, et murs de temples, mais pas seuleument..... aussi , et c'est moins connu car aucun écrit n'a été retrouvé pour l'expliquer  ..... frabriquer les blocs de calcaires ds pyramides sur le lieu même de leur élévation, en fabriquant un "béton calcaire" coffré pour chaque bloc (vaste débat sur l'origine même des pyramides).
Cette théorie est défendue depuis quelques années par des gens dont le savoir ne permet pas d'en rire; Ils en ont fait l'experience, pour etayer leur découverte, en condition

Le tuffeau

Les photos avant-après

 


La restauration de la Maison